Quand la transition énergétique ouvre l’emploi aux jeunes
Le 16 avril 2026, dans les espaces de Leonard — le hub d’innovation du groupe Vinci —, une table ronde intitulée « Quand l’énergie fait avancer l’inclusion professionnelle » réunissait quatre acteurs engagés autour d’une conviction commune : la transition énergétique et numérique ne peut pas se faire sans inclusion. Animée par Cécile Droux, déléguée générale de la Fondation Vinci pour la Cité, cette session a mis en lumière des initiatives concrètes, des approches complémentaires et une conviction partagée. À la tribune : Florian Du Boys, président d’Impala Avenir, Timothée Delacôte et Charlotte Pasina de la Fondation FACE, et Gabrielle Légeret, directrice générale de l’association De l’or dans les mains.
Un paradoxe français à résoudre d’urgence
2,8 millions d’emplois à créer ou transformer d’ici 2030 pour réussir la transition énergétique — dont 80 à 90 % sur des postes accessibles sans qualification supérieure. En face : 1,4 million de jeunes sans emploi, sans formation, ni scolarisés. Le paradoxe est là, criant, et c’est précisément pour le résoudre qu’Impala Avenir a construit son modèle. Florian Du Boys l’a posé sans détour dès le début des échanges : les métiers de la transition énergétique et numérique ne sont pas seulement des métiers d’avenir, ce sont des portes d’entrée concrètes vers l’emploi pour des publics qui en sont aujourd’hui éloignés. Encore faut-il construire ces portes là où elles n’existent pas.
Des formations courtes, ancrées dans les territoires, connectées aux entreprises
C’est le cœur du projet d’Impala Avenir : des formations courtes — 3 mois — préqualifiantes, sans prérequis académiques bloquants, directement connectées aux besoins réels des entreprises.
Les Geeks du Bâtiment en sont l’exemple le plus éloquent. Dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, où le chômage des jeunes atteint 30 à 40 %, les bailleurs sociaux font face à une obligation de rénovation énergétique massive de leur parc de logements. Impala Avenir a eu l’idée de croiser ces deux réalités : des jeunes des quartiers apprennent les métiers de l’électricité, de la plomberie et de l’enveloppe intérieure du bâtiment en rénovant des appartements dégradés mis à disposition par ces mêmes bailleurs. À l’issue de la formation, ils partent en stage chez des sous-traitants du bâtiment, avant d’intégrer durablement le marché de l’emploi. Sur 900 personnes accompagnées en 3 ans, sur 45 territoires en France, 80 % connaissent une sortie positive.
Les Plombiers du Numérique ont appliqué la même logique aux métiers du numérique et de la transition énergétique. Florian Du Boys a donné l’exemple des bornes IRVE — ces infrastructures de recharge pour véhicules électriques dont la France devra multiplier le nombre par trois pour électrifier son parc automobile. Pour y accéder par la voie classique, il faut d’abord passer un CAP d’électricien : un parcours d’un an que beaucoup de personnes en reconversion ou éloignées de l’emploi ne peuvent tout simplement pas envisager. Impala Avenir a donc créé un « bypass » : une formation de 450 heures intégrant les bases en électricité et toutes les habilitations nécessaires, pour former directement des installateurs de bornes en 3 mois.

Au-delà des chiffres, Florian Du Boys a insisté sur une dimension trop souvent négligée : maîtriser un geste technique, c’est aussi retrouver confiance en soi. « C’est une première marche dans la construction d’un projet professionnel » . Cette conviction, Impala Avenir l’entend à chaque promotion, sur chaque territoire.
Des synergies au service d’une transition juste
Au fil des prises de parole, une même conviction s’est dessinée sous des formes différentes : l’inclusion ne se décrète pas, elle se construit à chaque étape du parcours.
La Fondation FACE, via son projet Cap-Vert présenté par Charlotte Pasina, oriente les jeunes « NEET » (Not in Education, Employment or Training) de 16 à 25 ans vers les métiers de la transition écologique : sensibilisation au dérèglement climatique, immersions en entreprise, mentorat de collaborateurs engagés. Timothée Delacôte a rappelé le rôle central des entreprises dans cette dynamique — non seulement comme employeurs, mais comme acteurs d’un changement culturel, en ouvrant leurs pratiques de recrutement et en s’engageant sur les territoires via le mécénat de compétences. Gabrielle Légeret, de l’association De l’or dans les mains, est intervenue sur un angle encore plus en amont : si les jeunes ne s’orientent pas vers les métiers manuels, c’est parce qu’ils n’y ont jamais été confrontés. Son association intervient dans les collèges et lycées pour faire fabriquer des objets aux élèves avec des artisans, revalorisant des compétences que notre système scolaire n’évalue pas. Un travail de fond indispensable pour que les formations d’Impala Avenir ne soient pas les seules à ouvrir des portes — mais que ces portes soient désirées bien avant.
La transition sera inclusive ou ne sera pas
De ces échanges, une certitude s’est imposée : la transition énergétique représente une opportunité historique pour des publics trop longtemps laissés au bord du chemin. Mais elle ne se fera pas sans que les entreprises fassent évoluer leurs pratiques de recrutement, sans que les formations s’adaptent aux réalités des personnes éloignées de l’emploi, et sans que la société dans son ensemble change son regard sur les métiers manuels et techniques.
Impala Avenir est convaincu que ces passerelles sont possibles — et s’attache, terrain après terrain, promotion après promotion, à en apporter la preuve.
Merci à la Fondation Vinci pour la Cité pour ce partenariat engagé, et à tous les intervenants pour la qualité de ces échanges.


